Face à la rupture pédagogique, non aux fermetures de classes

Malgré les grandes déclarations du ministre autour de la si mal nommée « continuité pédagogique », la réalité du terrain est tout autre. De nombreux élèves sont livrés à eux-mêmes, que ce soit par la rareté du matériel informatique chez eux, par les difficultés de connexion internet, ou par les difficultés éprouvées par leurs parents à les accompagner dans une tâche dévolue pourtant à des professionnels, les enseignant.es. De manière plus prosaïque, l'espace de travail et de vie dont ils et elles disposent dépend évidemment des moyens financiers de leurs familles.
L'exception notable, dans notre département, est liée, en collège uniquement, au dispositif ordival, financé par le département du Val-De-Marne, à direction communiste, et qui permet en cette période à tous.tes les élèves et à tous.tes les enseignant.es de bénéficier d'un matériel contribuant ainsi à réduire la fracture numérique. Un dispositif de cet ordre doit, dans l'urgence, être mis en place par la Région pour l'ensemble des élèves des lycées professionnel, mais aussi général et technologique. Une politique de cet ordre, élargit aux étudiant-e-s et enseignant-e-s doit pouvoir être financée par l'Etat, sur tout le territoire !

Le gouvernement et le ministre, dans ce contexte, tentent de récupérer honteusement les efforts fournis par les professionnels, les collectivités, les familles à leurs frais.

Nous sommes inquiets, par ailleurs, des mesures préconisées par le Président Macron, dont peut se demander, s’il s’agit d’une reprise des cours ou d’une garderie pour permettre aux parents d’aller travailler. Ceci alors que la France ne dispose toujours pas d'une stratégie pour fournir toutes les masques et tests nécessaires à la population et aux salariés, en particulier en Ile de France, véritable cluster ; ni comment les maires vont pousser les murs des classes pour que les enfants soient à plus d’un mètre les uns des autres, comment garder à distance les enfants de maternelle.

L’urgence est à la réduction des inégalités sociales, marquantes durant la période de confinement, à plus de moyens et notamment de postes en rattrapage du retard et des inégalités liées à la période de confinement, ce qui exige en Val de Marne, en vue de la rentrée scolaire 2020, non seulement la suspension des suppressions de postes, de classes et d'heures de cours(19 équivalents temps plein dans le second degré et 104 classes et postes fermés dans le primaire) mais aussi un plan d'urgence, passant par un nombre d'élèves par classe n'excédant pas 24 élèves, un accroissement massif des emplois statutaires. Il est inadmissible que l'épidémie permette au ministre Blanquer de faire passer ses projets contestés, tant de suppressions de postes que de remise en cause du BACCALAURÉAT. Dans ces conditions, la tenue du CDEN du 21 avril est inadmissible.

Il ne suffit pas de citer « les jours heureux » en s’inspirant du programme du Conseil National de la Résistance pour être porteur d’espoir, à l’heure où la réorientation de l’argent s’impose vers tous les services publics.
Si la crise amplifie les inégalités, elle révèle le scandale du versement par les Grandes entreprises des dividendes à leurs actionnaires, tel Total qui a versé au 1er avril 1,8 milliards d'euros, il est temps qu'un prélèvement sur le capital contribue à financer les services publics, il y va de la solidarité nationale.

Ci-dessous, le lien pour agir et signer la pétition, lançé par la FCPE du Val de Marne adressé à Jean Michel Blanquer, Ministre de l'Education Nationale, au recteur de l'académie de Créteil et à la DASEN du Val de Marne afin de demander l'annulation de toutes les fermetures de classes pour la rentrée scolaire 2020, un plan d'urgence pour notre département

Signez la pétition