17 mai - Journée mondiale de lutte contre l’Homophobie et la Transphobie

La Journée mondiale de lutte contre l’Homophobie et la Transphobie (IDAHOT), qui fédère le combat contretoutes les formes de haine envers les personnes LGBTI+ (lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, intersexes et autres) se déroule ce 17 mai dans un contexte sans précédent, marqué par la crise sanitaire qui oblige de nombreux pays à mettre en œuvre le confinement de leur population et appliquer des règles contraignantes, comme d’interdiction de tout rassemblement, pour enrayer la propagation du virus du Covid-19.

L’urgence de la situation sanitaire ne doit pas contribuer à invisibiliser et aggraver la situation des personnes LGBTI+ et les combats pour l’égalité des droits. Les discriminations et violences à l’encontre des personnes LGBTI+ ont augmenté depuis le début de la pandémie, en France comme partout dans le monde. Dès la fin du mois de mars en Hongrie, le gouvernement dirigé par Viktor Orbán, ultra-conservateur et ouvertement anti-LGBTI+, a ainsi remis en cause le droit des citoyen.ne.s intersexes et transgenres à obtenir des documents d’état civil conformes à leur identité de genre. Au Maroc, c’est une véritable « chasse aux sorcières » à l’encontre des personnes LGBTI+ qui sévit à travers les réseaux sociaux et les sites de rencontres. Dans de nombreux pays, l’homosexualité et la transidentité sont toujours condamnées à la prison, voire à la peine de mort.

En France, le droit à la PMA (Procréation Médicalement Assistée), récemment étendu par un premier vote à l’Assemblée Nationale aux couples lesbiens, est suspendu depuis mi-mars et les Marches des Fiertés prévues au printemps et à l’été ont dû être annulées ou reportées, parfois sans garantie de date ultérieure. Le confinement a également mis en lumière une augmentation des violences intra-familiales, en particulier à l’encontre des jeunes LGBTI+, qui subissent de plein fouet les violences homophobes et transphobes des membres de leur famille. Le gouvernement a fait adopter tardivement un plan pour venir en aide aux personnes LGBTI+, en débloquant un budget de 300 000€ pour le logement d’urgence et en développant les plateformes de soutien en ligne ou par téléphone. Seulement, qu’en sera-t-il à la levée du plan d’urgence sanitaire et le reste de l’année ? Nous demandons la construction de politiques publiques sur le long terme et d’accompagnement global des personnes LGBTI+ en faveur de l’insertion sociale et professionnelle ! Fin avril, plus de soixante associations et organismes agissant dans tout le pays se sont adressées en ce sens à la Ministre Marlène Schiappa.

D’autre part, les élections municipales rappellent l’importance de l’échelon communal, instance de proximité en matière d’accueil, de conseil, de recours et de décisions dans la lutte contre les discriminations. Les communes sont les premières à pouvoir agir, en assurant un environnement favorable et en déployant les dispositifs adaptés à l’inclusion des personnes LGBTI+. Nous devons mener le combat avec des élu.e.s pour exiger davantage de moyens pour les collectivités territoriales, qui se heurtent au désengagement croissant de la part de l'État. Pour ne laisser aucun territoire aux LGBTIphobies et garantir à chacun.e d’être considéré.e, respecté.e, quel que soit son lieu de domicile ! Aucune personne LGBTI+ ne devrait avoir à se replier sur soi, à fuir sa propre commune pour rechercher ailleurs réponses et solutions, voire à déménager car elle vivrait dans une zone blanche de la lutte contre les discriminations.

La fédération PCF du Val-de-Marne appelle pour cela les candidat•e•s et les élu•e•s des conseils municipaux et communautaires à affirmer un programme politique de lutte contre les discriminations. Elle se tiendra toujours aux côtés de celles et ceux qui combattent toutes formes d’oppression, le 17 mai et le reste de l’année.